Audit GEO : un exemple réel, décortiqué sans retouche
Jacques Le Grelle, Étienne Bertho, Baptiste Lagaillardie
10 octobre 2026

À quoi ressemble un audit GEO ? Plutôt qu'une description, voici un audit réel, mené en juillet 2026 avec notre propre outil. La marque auditée est un éditeur de facturation en ligne pour indépendants, qui n'est pas cliente de Referis. Elle a été testée sur Perplexity face à deux concurrents directs. La marque et ses concurrents sont anonymisés, les résultats ne sont pas retouchés.
Ce que mesure un audit GEO
Un audit GEO ne se résume pas à demander à une IA si elle connaît une marque. Pour qu'il prouve quelque chose, il doit réunir cinq éléments :
Des requêtes qui reflètent de vraies situations d'achat, fixées avant la mesure, pour ne pas choisir après coup celles qui flattent le résultat.
Plusieurs passes par requête, parce qu'une IA ne donne pas deux fois la même réponse.
Trois signaux distincts : la marque est-elle mentionnée, recommandée, citée comme source ? Ils ne mesurent pas la même chose (voir mesurer une citation sans se mentir).
Les concurrents et les sources présents dans les mêmes réponses, pour comprendre sur quoi le moteur s'appuie.
Une lecture moteur par moteur, car chaque moteur a son propre classement.
Le protocole de cet audit
Quatre requêtes, formulées comme de vraies intentions de recherche :
« Quel logiciel de facturation pour un auto-entrepreneur qui facture des clients étrangers avec la TVA intracommunautaire ? »
« Meilleur outil de facturation en ligne pour un freelance en France »
« Comment gérer les mentions légales obligatoires sur une facture d'auto-entrepreneur ? »
« Alternatives françaises à QuickBooks pour la facturation d'un indépendant »
Chaque requête a été posée trois fois sur Perplexity, soit 12 réponses analysées.
Les résultats, requête par requête
Requête | Marque auditée | Concurrents présents |
|---|---|---|
TVA intracommunautaire | Absente (0 sur 3) | Un concurrent, 3 passes sur 3 |
Meilleur outil de facturation | Absente (0 sur 3) | Un concurrent, 3 passes sur 3 |
Mentions légales sur une facture | Absente (0 sur 3) | Aucun des deux |
Alternatives à QuickBooks | Recommandée 2 fois sur 3 | Les deux, 3 passes sur 3 |
Au total, la marque est mentionnée et recommandée dans 2 réponses sur 12, toutes deux sur la même requête. Sur celle-ci, le résultat change d'une passe à l'autre : recommandée en première passe, absente en deuxième, recommandée à nouveau en troisième, cette fois en quatrième position d'une liste. Même requête, même moteur, trois résultats différents.
D'où viennent les deux recommandations
C'est la partie la plus instructive de l'audit. Pour répondre à la requête sur les alternatives à QuickBooks, Perplexity a consulté 15 sources en première passe et 18 en troisième. Aucune n'est le site de la marque auditée : elle est recommandée sans jamais être citée comme source.
Ces sources sont des comparatifs d'« alternatives à QuickBooks », un fil de discussion Reddit, et en première position le blog de l'un des deux concurrents, qui a publié un article répondant exactement à cette question. Dans les deux réponses, la recommandation de la marque auditée s'appuie sur la même source : un comparatif publié par un site tiers.
Autrement dit, sa seule visibilité passe par ce que d'autres écrivent sur elle. C'est exactement le mécanisme décrit dans apparaître dans ChatGPT face aux marques connues : l'IA recommande à partir des sources qu'elle lit, rarement à partir du site de la marque.
Ce que cet audit apprend
Une seule passe aurait suffi à mal conclure. La deuxième et la troisième passe de la même requête donnent deux résultats opposés. Répéter chaque requête évite de confondre un coup de dé avec une tendance.
Un score unique cache l'essentiel. Résumé en un seul chiffre, cet audit donnerait 17 sur 100. Ce chiffre ne dit ni sur quelles requêtes la marque est absente, ni d'où viennent ses rares recommandations, ni ce qu'il faut faire.
Les requêtes ne jouent pas le même rôle. Sur la question des mentions légales, aucun des deux concurrents n'apparaît non plus : c'est une requête d'information, où le levier est le contenu plutôt que la concurrence. Sur les requêtes de choix d'outil, un concurrent occupe la place à chaque passe.
Ce qu'un audit GEO doit livrer ensuite
Un constat ne suffit pas : un audit utile se termine par un plan d'action classé. Sur ce cas, il tiendrait en trois lignes.
Entrer dans les comparatifs que Perplexity consulte déjà sur les requêtes de choix d'outil, avec des éléments vérifiables : prix, fonctionnalités, avis.
Publier des réponses directes aux questions où la marque est absente, comme l'a fait le concurrent dont l'article est la première source consultée.
Mesurer à nouveau avec les mêmes requêtes, pour savoir si les actions ont un effet, plutôt que de juger sur une impression.
C'est la démarche d'un audit GEO Referis : un relevé requête par requête, puis des actions priorisées et une nouvelle mesure.
Les limites de cet exemple
C'est un seul audit, sur un seul moteur, sur quatre requêtes, à une date donnée. Ce n'est pas une étude généralisable, et il ne faut pas le lire comme telle. Un audit complet couvre plusieurs moteurs, qui citent rarement les mêmes pages. Mais c'est un exemple réel de ce que révèle une mesure faite correctement, plutôt qu'un chiffre de façade.


